La presse en parle : DIM de territoire


Publié le 04/04/18 – 18h01 – HOSPIMEDIA

La dynamique des groupements hospitaliers de territoire conjuguée à une tension sur les ressources humaines conduit à une territorialisation des départements d’information médicale. Une nouvelle approche qui se fait selon des rythmes différents entre GHT, en fonction de la volonté des directions ou de la stratégie adoptée.

Si le codage reste l’activité principale des départements d’information médicale (Dim), la dynamique des groupements hospitaliers de territoire (GIT) est l’occasion d’innover dans ce secteur clé pour les finances hospitalières. Les Dim de territoire se développent mais chacun selon des spécificités liées à leur contexte, avec un rapprochement entre les établissements. « La mutualisation de moyens est également motivée parce que la denrée devient rare« , souligne Thierry Gaches, médecin Dim du CH de Cornouaille de Quimper-Concarneau (Finistère), établissement support du GHT Union hospitalière de Cornouaille, à l’occasion d’une session sur les techniciens d’information médicale (Tim) lors du congrès commun de l’Association des épidémiologistes de langue française (Adelf) et Évaluation, management, organisation, information, santé (Émois).

De nouvelles pratiques, plus homogènes

En premier lieu, le déploiement d’un Dim de territoire vise à homogénéiser les pratiques. « Il existe autant de codage que de médecins Dim. Il faut un médecin responsable de l’information de territoire, il décide et tout le monde fait pareil sur le territoire« , avance Thierry Gaches. Les pratiques des Tim sont également impactées par la territorialisation. Outre les outils communs entre établissements, ces professionnels sont susceptibles d’être amenés à se déplacer dans différents établissements. Un mouvement entre établissement qui suppose, par exemple, le développement du télétravail pour ces professionnels.

Ces mouvements de Tim dépendent de la vision stratégique du Dim de territoire. « Tous les établissements souhaitent conserver un Dim. Avec les difficultés de recrutement, la centralisation dans l’établissement support sera une orientation« , relève Thierry Gaches. Un positionnement stratégique qui invite à la réflexion sur le positionnement des Tim, entre l’établissement support et les autres sites. Le partage de Tim entre établissements nécessite aussi une réflexion sur le financement de ces postes, les modalités de mise à disposition ou encore sur la sécurité des circuits de données. Une décision qui dépend des directions et non des Dim.

Une vision stratégique, à l’échelle du GHT

À l’inverse, la crainte des Tim des petits établissements est de se voir déposséder des activités valorisantes de l’information médicale, comme les analyses ou les extractions. « Il y a besoin d’un médecin Dim pour le positionnement de l’établissement face à la peur de l’établissement support qui phagocyte tout« , résume le Dim du territoire de Cornouaille. À ses yeux, le Dim de territoire est trans-établissements, avec plusieurs unités qui conservent leur identité. « Nous sommes sortis d’une vision du médecin Dim à l’ancienne. Le Dim de territoire doit aussi savoir encadrer et ne pas faire que le quotidien et porter une vision globale et macro« , cadre-t-il.

Enfin, l’expertise des Tim se partage entre les établissements d’un même GHT. Thierry Gaches évoque pêle-mêle la création de Tim référent sur des thématiques (hospitalisation de jour, psychiatrie, etc.) pour développer la formation interne ou la constitution d’un forum d’échanges entre Tim d’un même GHT. Il est également favorable à l’implication des Tim dans les groupes de travail de développement du Dim de territoire. Un développement qui dépend des volontés locales des directions, qui décident du recrutement ou non, d’un médecin Dim de territoire par exemple.

Quelques exemples de dynamiques des Dim de territoire

Lors du congrès conjoint Adelf-Emois, plusieurs professionnels ont partagé l’état d’avancement de la construction du Dim de territoire dans leur GHT. « La dynamique, je ne sais pas où elle est. Au quotidien, rien n’a changé« , avance ainsi un Tim de l’Assistance publique-hôpitaux de Marseille (Bouches-du-Rhône). Dans d’autres GHT, l’accent a été mis sur la formation continue, avec l’introduction de budget par territoire et non plus par établissement. À Apt (Vaucluse), la présence d’un médecin Dim référent rattaché au CH d’Avignon permet aux Tim d’avoir un correspondant pour leurs interrogations. Les professionnels du CH de Troyes (Aube) sont plus enthousiastes : « Cette dynamique nouvelle nous amène à aller vers plus de mise en commun et de participation. Avant, nous ronronnions« .

Jérôme Robillard, à Montpellier

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