QDM: Les médecins DIM inquiets de la création d’un DIM unique de GHT


Quotidien du médecin du 21/10/14

La création d’un unique département d’information médicale, dans le cadre du nouveau service public hospitalier, inquiète le syndicat des médecins des départements d’information médicale (SDIM) qui interpelle le ministère de la Santé sur le risque d’échec de cette réforme.

Le projet de loi Santé prévoit la mise en œuvre du projet médical unique par les groupements hospitaliers de territoire (GHT). Cette disposition suppose « une unicité de système d’information, de gestion de l’information médicale, de la qualité et de la sécurité des soins et des achats ».

Le « département d’information médicale aura une responsabilité majeure dans 3 champs : les finances du GHT (facturation de l’activité), le pilotage, et la démarche stratégique (analyse des données) », décrypte le SDIM.

Trois conditions essentielles

Le syndicat estime que trois conditions doivent être remplies pour une réussite de ce projet. Tout d’abord, l’indépendance professionnelle des DIM doit être garantie : ces médecins doivent être rattachés au directoire, et leurs missions doivent être formulées par écrit. « Aujourd’hui, notre périmètre d’action n’est pas défini ; il est axé sur le PMSI, mais nous sommes aussi garants de la confidentialité des données des patients, des archives, nous intervenons en recherche clinique, etc. » explique le Dr Gilles Madelon, secrétaire général du SDIM.

Les équipes DIM doivent être dimensionnées aux besoins, et les médecins, correctement formés, via des programmes de formations promus et financés majoritairement par le ministère de la Santé. « Sur le terrain, au moins 50 postes publiés sont vacants. Avec les GHT, les établissements qui n’ont pas de DIM auront des DIM qui ne seront pas à temps plein. Il faut absolument adapter les ressources, former les médecins et des techniciens », commente le Dr Madelon.

Enfin, la rémunération des DIM doit être revalorisée. « Nous demandons au moins la prime multi-site ! Il faut des arguments pour qu’un DIM accepte d’être responsable de 5 établissements publics, plutôt que d’une clinique privée », indique le Dr Madelon.

Une profession en souffrance

Le SDIM rappelle que les médecins du secteur « vont mal ». Selon son enquête parue en juillet, près de la moitié des répondants se disent déstabilisés dans leur travail, 12 % se trouvent en situation d’impasse. Et 4 sur 10 n’ont pas le sentiment de répondre à leur mission.

Ce mal-être est nourri par l’insuffisance des moyens, un dialogue grippé avec l’administration, des compétences à renforcer et le sentiment d’échec.

Le SDIM a demandé avant l’été un plan d’urgence pour la profession, lui assurant notamment son indépendance. Depuis, c’est le silence radio au ministère de la Santé. « Nous avons des propositions et des clefs, mais nous sommes peu nombreux et peu entendus », déplore le Dr Madelon.

Coline Garré

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