QdM – Le syndicat des médecins DIM réclame en urgence un plan national


Remerciements au Quotidien du médecin pour l’autorisation de publication exceptionnelle

Près de la moitié des praticiens des départements d’information médicale déclarent aller mal, selon une enquête du tout nouveau syndicat des médecins DIM, qui appelle les autorités à garantir leur indépendance, à revoir leur formation et leur rémunération.

Qui sont les médecins des départements d’information médicale (DIM) ? Combien sont-ils ? « Certains collègues médecins ne nous connaissent pas », regrette le Dr Gilles Madelon, secrétaire général du SDIM.

Pour en finir avec cette situation, le SDIM, créé en avril 2014, a décidé, comme acte de baptême, d’envoyer un courrier et un questionnaire aux 1 570 établissements susceptibles d’avoir dans leur mur un DIM. Le syndicat a reçu 310 réponses, issues pour les 2/3 du public, du privé lucratif (13 %), et des ESPIC (13 %).

Résultat : 70 % des répondants déclarent plusieurs types d’activité. Les autres se partagent entre médecine, chirurgie obstétrique (35 %), psychiatrie (36 %) et soins de suite (19 %). Près des 2/3 des DIM sont des services, et 22 % sont une unité fonctionnelle ; ils sont tantôt rattachés à un pôle ou un département médical (45 %), tantôt à la direction (42 %).

« Il y a une urgence à agir : les DIM vont mal », alerte le Dr Christophe Segouin, président du SDIM. « La pression, c’est la T2A qui se nourrit de précision ! » insiste le Dr Madelon. Près de la moitié (48 %) des répondants se disent déstabilisés dans leur travail, dont 12 % confient ne pas savoir comment sortir de la situation actuelle. Et 4 médecins sur 10 n’ont pas le sentiment de répondre à leur mission, notamment le codage, l’analyse des données et leur production, pourtant le cœur de leur métier.

Plusieurs explications à ce mal-être : l’insuffisance des moyens (citée par 56 % des répondants), un dialogue grippé avec l’administration (48 %), des compétences à renforcer (43 %) et le sentiment d’échec. Dans une moindre mesure, le flou dans la nature de la structure, son rattachement à la direction, l’absence d’un cadre ou de techniciens, et une organisation décentralisée ont aussi une influence négative. Par ailleurs, 18 % des médecins DIM vivent mal l’intervention d’une société extérieure de codage.

Sanctionner les manquements

Le SDIM demande aux pouvoirs publics de lancer un plan spécifique à leur profession. L’indépendance professionnelle des DIM doit être garantie. « On ne s’arc-boute pas sur le rattachement ou non du département à la direction, mais le médecin doit pouvoir respecter sa déontologie » souligne le Dr Segouin. La confidentialité des données doit être inviolable, autant pour les patients que pour les professionnels dont l’activité ne saurait être contrôlée « en catimini » par la direction. Les pouvoirs publics doivent s’engager à ce que tout manquement soit sanctionné.

Le syndicat réclame en urgence un recensement des DIM et le dépistage des cas de souffrance.

Enfin il souhaite le renforcement de l’attractivité de la fonction de DIM, grâce à une redéfinition de ses missions et du statut de la structure, à une revalorisation de la rémunération et au développement des formations : aujourd’hui, aucun cursus public n’existe pour les médecins.

Coline Garré

Print Friendly

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *